L’ÉDUCATION BIENVEILLANTE ET MARIA MONTESSORI

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L’ÉDUCATION BIENVEILLANTE ET MARIA MONTESSORI

‘’L’amour, la bienveillance et l’encouragement sont les leviers de l’âme humaine.’’ Maria Montessori

Maria Montessori, pionnière en matière de science de l’éducation avait observé cela : Quand un enfant se sent aimé, soutenu, accueilli et encouragé, quand il sait que l’adulte devant lui a foi en lui, il s’épanouit de plus en plus et déploie son potentiel.

Aujourd’hui, les nouvelles connaissances que l’on a sur le fonctionnement du cerveau confirment ce qu’avait pressenti Maria Montessori : une relation chaleureuse permet au cerveau de l’enfant de sécréter de l’ocytocine, hormone responsable du développement de l’empathie, de la coopération et du sentiment de confiance.

L’ocytocine régule également la sécrétion de:

* La dopamine = plaisir de vivre et créativité;

* L’endorphine = la molécule du bien-être;

* La sérotonine = responsable de la stabilité de l’humeur.

La présence de ces hormones dans le cerveau des enfants leur permet, entre autre, de développer leur créativité, leur curiosité, leur enthousiasme, leur esprit de coopération, leur estime, leur capacité à être à leur écoute et leur capacité d’empathie.

Vous voyez donc que ce n’est pas banal! Avoir une posture bienveillante pour nos enfants contribue à leur épanouissement autant sur le plan des fonctions exécutives du cerveau que sur le plan relationnel et de l’estime de soi.

Et concrètement, dans la vie de tous les jours, comment est-ce qu’on peut mettre en branle ce cercle vertueux, pour reprendre l’expression de Céline Alvarez (https://www.celinealvarez.org/)? Comment est-ce que nous, parents et éducatrices (teurs) pouvons donner à nos enfants leur ‘’dose’’ d’ocytocine? Hé bien, il y a de petits gestes simples : un sourire, un câlin, un clin d’œil, le pouce en l’air bref, tout geste d’encouragement, de complicité, de douceur et de chaleur humaine… Il y a le jeu, les rires, les moments partagés. Il y a l’écoute (la vraie!), l’empathie, c’est-à-dire se mettre en lien avec ce que vivent nos enfants, avec leurs émotions, et leur faire savoir que l’on comprend et que l’on mesure l‘intensité de leurs sentiments. Se sentir compris et entendu. N’est-ce pas ce qui permet à tout être humain, adulte et enfant, de se sentir bien? Et quand on se sent bien, l’ocytocine abonde dans le cerveau!

Ce dernier point, l’écoute empathique des émotions des enfants, requière quelque peu de pratique. En effet, on est plus souvent qu’autrement très stimulé, voir mal à l’aise, devant le vécu émotionnel des enfants. Devant la colère, la peur ou la tristesse, on tend souvent à contrôler, à nier, à réprimer, à banaliser ou même à ridiculiser le vécu émotionnel. On le fait, pas parce qu’on est malveillant (en passant, de toute ma carrière, je n’ai jamais rencontré de parents malveillants… j’ai rencontré des parents qui manquaient d’information et d’outils et qui faisaient de leur mieux, au meilleur de leur possibilités et toujours porteur d’amour pour leurs enfants), on le fait parce que les émotions, on ne sait pas quoi faire avec ça! D’abord avec nos propres émotions, ensuite avec celles de nos enfants… Donc un des apprentissages majeur qu’a à faire un parent bienveillant, c’est d’être avec les émotions, sans chercher à les contrôler, sans les juger, juste les constater, les vivre! Attention, je ne dis pas ici qu’on laisse l’enfant vivre seul ses émotions! Non, on accompagne l’enfant. On l’aide à mettre des mots sur ce qu’il vit. Juste avec cette étape, l’émotion descend souvent d’intensité. Ensuite, on aide l’enfant à mettre le doigt sur ce qui cause en lui cette émotion, sur ce qu’est est au fond son besoin. L’intensité descend encore… Enfin, on le questionne sur les solutions et les stratégies qu’il entrevoit pour se sentir mieux. On peut lui faire des suggestions…

Voici un exemple concret : ‘’Tu as peur du monstre que tu crois caché sous ton lit? Ça m’a l’air d’être une très grosse peur, est-ce que je me trompe? Je comprends, moi aussi quand j’avais ton âge j’ai eu peur des monstres… et tu as besoin de t’assurer qu’il n’y ait pas? Qu’est-ce que tu pourrais faire pour te donner cette assurance?’’

Voilà comment on accompagne une émotion de façon empathique. Pour réussir à faire cela, ça demande d’observer notre enfant, de traduire ses agissements en sentiments et en besoins, de le lire au-delà des comportements. Les comportements de nos enfants sont les stratégies qu’ils ont trouvées pour répondre du mieux qu’ils le peuvent à leurs besoins. Nous, parents, pouvons ne pas être en accord avec les stratégies de nos enfants et en même temps, nous sommes leurs guides pour qu’ils en trouvent des plus adaptées, des plus efficaces et que peu à peu, ils deviennent autonomes dans la réponse à leurs besoins tout en prenant en compte les besoins des gens qui les entourent.

Je vous laisse sur cette autre citation de Maria Montessori qui, à mon avis, évoque tout le sens de la posture bienveillante du parent et de l’éducatrice(teur):

« Nous aiderons l’enfant, non pas parce que nous le considérons comme un être petit et faible, mais parce que ses énergies créatrices réclament une défense amoureuse et intelligente pour rester entières, sans être blessées. C’est à ces énergies que nous voulons porter aide… ‘’

Alors, si le cœur vous en dit, soyez pour les enfants ce guide qui leur permettra de se déployer et de vivre leur plein potentiel. Soyez cet adulte bienveillant qui fera la différence pour eux. Soyez aussi bienveillant envers vous-même, pour vous permettre de rester sur ce chemin.

Avec beaucoup de chaleur, je vous souhaite bonne route!

Écrit par Caterine Robillard, formatrice en éducation bienveillante et consciente

La Bienveillante