LES AVENTURES DE PAUL ET SON VERRE

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LES AVENTURES DE PAUL ET SON VERRE

Avec petit Paul, nous avons décidé d’offrir un vrai verre ainsi que de la vaisselle en porcelaine dès son plus jeune âge. On a débuté l’apprentissage vers ses 7 mois et je dois dire qu’à ses un an, il buvait dans un verre de façon totalement autonome.

 

Lorsqu’il avait 7 mois, je lui présentais le verre en verre lorsqu’il était assis à sa chaise haute et qu’il semblait calme. J’ai commencé par mimer le fait de boire dans un verre, avant de le lui tendre (vide) pour qu’il le manipule. Au début, je ne lui laissais que quelques minutes pour manipuler puis je mettais quelques gouttes d’eau dedans pour qu’il essaie de boire. Il ne comprenait pas nécessairement tout ce qui se passait, mais absorbait clairement l’expérience. L’exercice complet ne durait que quelques minutes. Puis, avec le temps, tranquillement, nous avons pris l’habitude de le proposer à chaque repas et lui, a affiné son contrôle.

 

Pour débuter l’exercice de boire dans un verre, on a utilisé des shooters en verre transparent qu’on possédait déjà. Ils se tenaient très bien dans ses petites mains, la parfaite grosseur et qu’une petite quantité d’eau à renverser.

 

La transparence est importante pour que l’enfant puisse voir la quantité de liquide dans le verre. Avec le poids et sa vision, il apprend tranquillement à doser ses mouvements pour pencher le verre juste assez pour boire sa gorgée.

 

En plus de guider ses premiers mouvements avec mes mains, je lui ai également démontré souvent comment boire dans un verre en le faisant devant lui, en décortiquant le mouvement. Un autre truc a été de retirer le verre et de lui expliquer dès qu’il commençait à jouer avec. Que le verre, c’était pour boire, pas jouer. Qu’on le dépose après avoir bu. Je le lui redonnais quelques secondes après.

 

Des gestes si simples pour nous, mais immenses et impressionnants pour eux!

 

Et son plus grand bonheur? Je crois que c’est de faire comme son grand frère. Je suis certaine que même très petit, le fait de faire comme les grands les remplis d’un grand sentiment de confiance en leurs capacités. On leur montre ainsi qu’on leur fait confiance en eux et qu’on les respecte.
Et comme de fait, Paul m’a rapidement montré qu’il était plein de capacité. Il a pratiqué son adresse, a raffiné ses mouvements et a rapidement appris les conséquences naturelles liées à ses gestes. Lorsque Paul a commencé à être très habile avec le shooter, il a recommencé à faire des dégâts car il ne faisait plus assez attention. C’était notre signal pour changer de verre. On a utilisé ensuite de petits verres dénichés au marché aux puces pour quelques sous. Je dois dire que les petits pots en verre de yogourt Riviera font vraiment l’affaire aussi!

 

Lorsque Paul renverse son verre, c’est chaque fois une occasion en or de lui expliquer ce qu’est un dégât et de lui montrer comment on le nettoie. Je tiens donc depuis le tout début un petit linge à sa portée. Avec le temps, il a développé l’intérêt de le nettoyer lui-même. Du haut de ses deux ans, je ne suis toutefois pas encore prête à le laisser ramasser le verre brisé lorsque cela arrive.

 

 

Un autre intérêt que je vois d’avoir proposé un vrai verre tôt à Paul, c’est que plusieurs étapes sont évitées ensuite : les différents gobelets, selon l’évolution de l’enfant (dépenses, encombrement, plastique et temps), puis l’apprentissage dans les vrais verres plus tard. J’ai l’impression d’avoir fait mille pierres d’un coup.

 

Ça me permet aussi de trouver ça vraiment moins grave quand il y a un dégât ou un bris, ce qui me génère beaucoup moins de stress que quand je montrais à H à boire dans un vrai verre à un âge où il était « supposé » être capable. Il avait appris, avec les gobelets, qu’il pouvait les laisser traîner partout, dans tous les sens ou même les lancer, sans qu’il n’y ait vraiment de conséquence. En introduisant un verre si jeune, tous ces apprentissages se font ensemble. Graduellement, certes, mais ensemble.

 

Tout cela simplifie grandement mon quotidien maintenant.

 

En tant que parent interpellé par la pédagogie Montessori, on peut parfois se sentir dépassé et embourbé par toutes les suggestions de matériel, de plateaux d’activités, etc. À mon humble avis, offrir de la vraie vaisselle à son bébé et son tout-petit est un geste simple, qui ne demande pas trop d’organisation ni de sous, et qui démontre toute notre confiance en les capacités naturelles de notre enfant. On l’accompagne pour se construire en tant qu’individu, à la table, aux moments des repas, au quotidien. Dans la vie ordinaire de tous les jours. La vraie vie, sans flafla ou artifice. Ça ne peut pas être plus simple et plus « Montessori » que ça.

 

 

Collaboration spéciale : Elisabeth Simard de Ruban Cassette